« Le budget 2012 de la Ville de Bruxelles n’équilibre pas les priorités des missions publiques communales » estime le groupe MR au Conseil communal de la Ville de Bruxelles

Ce lundi 19 décembre, la majorité PS/CDH/Spa/CD&V/Groen n’aura pas failli à sa tradition de ne même pas consacrer une séance publique à l’examen de son dernier budget de législature, engageant, tout de même, pour un peu plus de 676 millions à l’ordinaire et presque 99 millions d’investissement !

Pour la Chef de Groupe MR au Conseil communal de la Ville de Bruxelles : « Une telle pratique pose question en comparaison du budget régional, d’abord soumis à la Cour des comptes et ensuite passé au crible pendant presque tout un mois par les parlementaires en commission suivi d’ un jour et demi de séance publique avant son vote vendredi dernier ».

Le Collège a beau jeu de qualifier son budget «d’ambition responsable» alors que depuis 4 ans, il dépense plus de 80 millions d’investissement. Pour Jacques Oberwoits,  cette attitude est « Totalement irresponsable, les investissements de ces 4 dernières années se situent bien au-delà de notre capacité d’emprunt». En effet, pour maîtriser la dette, il ne faudrait pas en dépenser plus de 54 millions! Le Conseiller Communal précise « qu’en 2012, la dette à charge de la commune s’élèvera à 398.187.57,00 €, soit 2.392,69 € par habitant ! »

Marion Lemesre constate «  que l’on est loin d’un budget de rigueur puisqu’avant les élections, le Collège va asphalter et repaver à tout va dans toutes les rues de Bruxelles, avec un budget porté cette année à 6 millions (pour 4,8 millions au compte 2010). A l’image des abords de la Grand Place, tous les chantiers sont ouverts en même temps. Mais tout comme les pavés, à peine placés, se descellent, les missions publiques essentielles à remplir par la Ville manquent de fondements et ne satisfont pas le citoyen ».

Citoyens qui continueront à servir de vache à lait puisque la taxe horodateur (censée réguler le stationnement !!) va être selon le Bourgmestre « encore étendue à toutes les artères de la Capitale même dans les coins les plus reculés » alors que le tarif déjà appliqué est exorbitant et que le premier quart d’heure n’est même pas gratuit, créant dans les faits des distorsions de concurrence entre les artères commerciales de la Région!

« En dépit de ses promesses, ajoute Jacques Oberwoits, la Ville laisse à l’abandon les boulevards du Centre, et semble peu pressée de revitaliser la Rue Neuve ou encore la Place du Sablon.  Le Collège a manifestement privilégié la construction de logements sociaux à vocation clientéliste et l’organisation de manifestations populaires particulièrement onéreuses au détriment d’une véritable politique de soutien au commerce bruxellois ».

Marion Lemesre dénonce l’absence de mesures lucides, préventives et prospectives du Collège face à la paupérisation de la commune « qui figure dans les 10 communes les plus pauvres du royaume » mais aussi face « à la gestion du boom démographique alimenté par une immigration issue de l’étranger (8.500 personnes en 2010) la plupart dans une situation précaire, comme l’avait expliqué le Président du CPAS ».

« Le CPAS n’arrive plus à maîtriser ses dépenses puisque l’intervention de la Ville pour couvrir son manque de ressources augmente de 3.500.000 € en 2012, soit 8,41% du budget communal » explique Jacques Oberwoits.

Pour Marion Lemesre, « le Gouvernement fédéral doit au plus vite prendre ses responsabilités en matière d’immigration et d’asile politique, la situation à la Ville n’étant plus tenable ».

Geoffroy COOMANS de BRACHENE regrette enfin que « pas un euro ne soit consacré au déménagement de l’administration du Centre administratif (énergivore et dont l’installation électrique obsolète tombe régulièrement en panne) ni à la rénovation du Musée de la Ville de Bruxelles dont les châssis s’effritent et le toit perce, et rien non plus pour l’extension des archives et l’entretien de l’hôtel de ville.

Tous ces oublis posent la question du respect et de la responsabilité à l’égard de son propre patrimoine » conclut Marion Lemesre.

Examen du budget bruxellois relatif aux politiques sociales: pugilat entre PS et Ecolo, le MR dénonce des querelles de clochers au détriment d’une véritable politique sociale et de santé

Pugilat entre les socialistes et les écolos ce matin en Commission des Affaires sociales, et ce suite à l’analyse des budgets consacrés aux politiques sociales et de santé, les deux parties défendant chacune ‘leur’ structure d’aide aux sans-abris. Les écolos, qui ont créé l’ASBL La Strada, disent « réfléchir à long terme sur l’aide à apporter aux sans-abris, notamment via l’organisation de colloques » a déclaré la ministre écolo Evelyne HUYTEBROECK en réponse aux attaques violentes faites par le député socialiste HUTCHINSON plaidant, lui, pour le dépôt d’un amendement afin de renforcer le subside aux Samu social, allant jusqu’à dénoncer un budget très éloigné des réalités de terrain. « Précisément ce que le groupe MR dénonce, » explique Marion LEMESRE.

Pour le groupe MR, Marion LEMESRE voit dans ce pugilat un risque certain de négligence, entretenu par une majorité de gauche qui se dispute pour le développement de ses structures, mais sans se poser la question de l’efficacité de celles-ci, tout comme des parts de subsides publics qui vont vraiment aux personnes qui en ont besoin ! Les tensions entre les partis de gauches (PS et Ecolo) sur la structure (chapitre 12) à mettre nécessairement en place pour l’accueil des sans-abris, et entre Ecolo et CDH pour l’accueil des personnes handicapées, constituent les parties visibles de l’iceberg de cette non-politique. Car, de façon plus générale, la bagarre entre PS et Ecolo révèle surtout la triste réalité politique de la COCOM – une institution politique appelée pourtant à recueillir des compétences complémentaires dans le cadre de la prochaine réforme de l’Etat – mais qui ne fonctionne aujourd’hui que par « addition et soustraction », institution subsidiée par l’Etat fédéral et la Région bruxelloise, soutenant financièrement un ensemble de structures, sans aucune vision politique, sans aucune priorité dans les actions urgentes à mener pour répondre aux défis que sont notamment l’accueil des sans-abris ou la lutte contre la traite des êtres humains. Des phénomènes en explosion à Bruxelles dus à la mondialisation et la crise économique qui exigent d’autres réponses que des querelles des clochers.

 

Bruxelles a offert 2 millions d’euros à JCDecaux

La Ville de Bruxelles a offert un cadeau de près de 2 milions d’euros à l’opérateur publicitaire Jean-Claude Decaux qui a pu exploiter en toute impunité, sans payer la moindre redevance pourtant exigible, une série d’abribus et de panneaux publicitaires qui auraient dû être démantelés, ont dénoncé jeudi les conseillères communales de la Ville de Bruxelles Marion Lemesre (MR), et Els Ampe (Open-Vld).

Marion Lemesre avait déjà critiqué l’inertie de la majorité dans ce dossier en 2008. Elle est revenue à la charge jeudi avec Els Ampe, après avoir pris connaissance d’un jugement du tribunal de commerce remontant au 13 décembre et condamnant JCD pour concurrence déloyale à l’égard d’un concurrent, Clear Channel.

Selon ce jugement, dans le cadre d’un nouveau contrat, JCD a continué à exloiter après 1999, des supports utilisés dans le cadre du premier marché conclu en 1984, ce qui l’a mis en position concurrentielle illicite.

Selon le tribunal, JCD a retiré des avantages conséquents au détriment de ses concurrents, de nature à porter sérieusement attente aux intérêts professionnels desdits concurrents en exploitant une bonne centaine de panneaux-fantômes.

Selon le tribunal, de tels avantages sont « susceptibles de permettre à JCD de baisser ses tarifs ou d’offrir des services complémentaires dans le contexte potentiel de nouveaux marchés tant sur le territoire de la Ville que sur le territoire d’autres communes ou régions ».

Pour Marion Lemsre, il y a de nombreuses questions à se poser sur le silence assourdissant des autorités de la Ville qui n’ont jamais saisi la perche que leur avait tendu le tribunal de commerce pour récupérer les 2 millions d’euros de redevances impayées.

Source: Belga

J.C. Decaux profite des errements de la Ville de Bruxelles

La Ville de Bruxelles a permis à la société J.C. Decaux d’économiser près de 2 millions d’euros ! C’est ce que vient de constater le Tribunal de Commerce de Bruxelles dans son rendu du 13 décembre dernier. Une belle économie pour le groupe privé mais un sacré manque à gagner pour la Ville, dont les finances sont loin d’être au beau fixe !

En s’abstenant de démonter certains espaces publicitaires et en continuant à les exploiter sans payer la moindre redevance à la Ville, J.C. Decaux a profité durant près de dix années de la non-gestion des espaces publicitaires par la Ville de Bruxelles. Le Tribunal a estimé qu’en tenant compte des loyers prévus par le marché de 1999, la société a pu réaliser, rien qu’en termes de loyers non payés, une économie de 1.906.000 € au 31 décembre 2010. Et cela sans tenir compte des amendes et intérêts de retard (près de 365.000 €, rien que pour les loyers).

Par la même occasion, la Ville de Bruxelles se rend ainsi coupable d’une aide d’Etat interdite au sens du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne, les autorités n’ayant pas poursuivi J.C. Decaux pour non-paiement des taxes sur les espaces publicitaires prévues par la Ville.

Le MR et l’Open VLD exigent de la Ville de Bruxelles une gestion équitable. Il est inadmissible qu’une société soit privilégiée d’exonération de redevance alors que la concurrence ne l’est pas.

Marion LEMESRE – Else AMPE

Interpellation de Marion Lemesre au Conseil communal de ce lundi 4 avril 2011: Relooking du personnel de la Ville de Bruxelles : la majorité préfère l’uniforme aux réformes

 

Sur fond de tension sociale, avec une grève générale de toute la fonction publique annoncée pour le 8 avril et dans une situation financière extrêmement préoccupante des Pouvoirs locaux, l’Echevin du personnel n’a apparemment rien trouvé de mieux que de lancer son projet de « relooker » tout le personnel de la Ville de Bruxelles en le dotant de tenues uniformisées – et ceci pour toutes les catégories du personnel, en contact ou pas avec le public.  C’est en tous les cas ce qui nous a été donné de découvrir dans la presse du jeudi 17 mars 2011 (ce n’était malheureusement pas «  La Lanterne » du 1er avril, ce qui aurait laissé le bénéfice du doute).

Dans ce même article, il est précisé que le projet est bien de  «  rhabiller tout le personnel de la Ville, ou plutôt de l’habiller, car jamais auparavant, en 180 ans d’existence, la Ville n’a eu d’uniforme pour son personnel ; à part quelques catégories très précises, comme les Huissiers du conseil communal ou les gardes des cimetières. »  (Seuls les enseignants en seront dispensés –  ils ont eu chaud car eux, ils se voyaient déjà en uniforme de rock star !).

Voilà encore une fois, une  nouvelle annonce abracadabrante de ce Collège décidément  de plus en plus «  Pouet ! Pouet ! », mais qui est particulièrement choquante, voire scandaleuse, quand on sait que ce même Collège, dans le même temps, a pris la décision de :  (je cite le PV du Collège)

« 1. suspendre toute nomination et toute promotion du personnel non subsidié de la Ville, afin de limiter la mise en péril des finances de la Ville ;

2. refuser de continuer toute discussion ou concertation concernant la Nouvelle Charte sociale ;

3. informer la Conférence des Bourgmestres de la présente décision en demandant de s’y joindre. »

 

Sachant que la Ville compte plus ou moins 4.000 personnes employées et à raison de deux costumes complets par personne, je m’inquiète du coût de ce projet très cosmétique, plus particulièrement,  en regard des revendications légitimes du personnel, en attente d’améliorations de leurs conditions de travail et de salaire.  Et, à cet égard, je comprends mieux pourquoi vendredi prochain, la manifestation des syndicats de la Fonction publique visera particulièrement les autorités dirigeantes de la Ville de Bruxelles !

 

Maintenant, sur le principe de l’uniforme généralisé à toute les catégories du personnel, en contact ou pas avec le public, y compris « les administratifs purs », l’Echevin décrit son projet comme loin d’être un gadget mais très important pour l’image dynamique que le Collège veut donner de la Ville.

Il y a peut-être ici confusion des rôles entre l’échevin du personnel et celui du tourisme car à force de « donner dans l’image », il en oublie le service public, c’est-à-dire le service au public et ce que le citoyen est en droit d’en recevoir.  Croyez-vous franchement que le contribuable bruxellois est d’accord de voir majorer ses taxes et redevances pour financer de tels projets d’image ?  En termes d’image, la meilleure que puisse donner un service public n’est-elle pas avant tout celle de son accueil, de son accessibilité, de  sa compétence, de sa rapidité et précision de réponse ?  Cette image-là, bien entendu, très concrète, demande évidement plus qu’un uniforme imposé, elle exige des réformes en termes d’organisation et de formation continuée mais aussi en termes d’attention et d’écoute car, outre le coût et la légèreté d’un tel projet –  face peut-être aux défis de l’évolution du service public –  permettez-moi, aussi, de trouver très choquant cette volonté politique d’imposer sa propre vision de la mode, du confort, de ce qu’est un vêtement pour se sentir bien dans sa peau.

C’est sans doute une réaction très libérale, mais je n’aime pas les cols Mao !

En revanche, plus que l’uniforme, ce qui est important à mes yeux, c’est la notion de correction ou de tenue correcte.  Et là, permettez-moi de vous rappeler ici, comme en tout, que l’exemple doit venir d’en haut !  Pour ne prendre que l’exemple des célébrations des mariages par l’Echevin de l’Etat civil – je ne parle pas de l’Echevin actuellement en charge – nous avons tous été informés par des citoyens néerlandophones choqués d’avoir été mariés par un Officier d’Etat civil en basket, jeans à trous et pull à col roulé !  Où est l’image de la Ville ?

 

Pour terminer, au sein des services de la Ville, de nombreuses catégories de personnel disposent déjà de tenues réglementaires pour des raisons de sécurité, de visibilité, d’hygiène … que compte donc faire le Collège de tous ces uniformes qui ne seront pas dans la nouvelle ligne stylisée ?  Comme les représentants syndicaux ont déjà été invités à l’hôtel de ville pour un défilé des futures tenues de travail, concernant les membres du personnel qui ont déjà des vêtements de travail réglementaire, je voudrais connaître la procédure en cours et le nouveau marché qui devrait être lancé pour cette commande importante puisque d’emblée l’échevin du personnel prévoit de faire appel au Centre de la mode et du design qui doit se mettre en place cette année.

Bref, pouvez-vous m’indiquer le coût estimé de ce projet ?  Est-il budgétisé en 2011 ?  A-t-il fait l’objet d’une concertation syndicale ?  d’une approbation par le Collège ?  Fera-t-il l’objet d’un appel d’offre et d’un marché public ?

 

Je vous remercie de vos réponses.

Marion Lemesre

Députée-Chef de Groupe MR.

Relooking du personnel de la Ville de Bruxelles : la majorité préfère l’uniforme aux réformes

 Sur fond de tension sociale, avec une grève générale de toute la fonction publique annoncée pour le 8 avril et dans une situation financière extrêmement préoccupante des Pouvoirs locaux, l’Echevin socialiste du personnel de la Ville de Bruxelles n’a rien trouvé de mieux que de lancer son projet de « relooker » tout le personnel de la Ville de Bruxelles en le dotant de tenues uniformisées – et ceci pour toutes les catégories du personnel, en contact ou pas avec le public.

« Voilà encore une annonce abracadabrande de cette majorité décidément de plus en plus Pouet ! Pouet ! [1] » constate Marion Lemesre, tout en s’indignant de l’irresponsabilité d’une telle attitude face à des défis qui exigent pourtant des réponses sérieuses.

« D’autant plus scandaleux, » explique Marion Lemesre, « que ce même Collège, dans le même temps, a pris la décision de :

1. suspendre toute nomination et toute promotion du personnel non subsidié de la Ville, afin de limiter la mise en péril des finances de la Ville ;

2. refuser de continuer toute discussion ou concertation concernant la Nouvelle Charte sociale ;

3. informer la Conférence des Bourgmestres de la présente décision en demandant de s’y joindre. »

Sachant que la Ville compte plus ou moins 4.000 personnes employées et à raison de deux costumes complets par personne, la députée libérale s’inquiète du coût de ce projet de l’échevin socialiste en comparaison des revendications légitimes du personnel, en attente d’améliorations de leurs conditions de travail et de salaire : « On comprend mieux pourquoi vendredi prochain, la manifestation des syndicats de la Fonction publique visera particulièrement les autorités dirigeantes de la Ville de Bruxelles ! »

Comme les représentants syndicaux ont déjà été invités à l’hôtel de ville pour un défilé des futures tenues de travail, concernant les membres du personnel qui ont déjà des vêtements de travail, Marion Lemesre interrogera également le Collège sur la procédure en cours et le nouveau marché qui devrait être lancé pour cette commande importante puisque d’emblée l’échevin du personnel prévoit de faire appel au Centre de la mode et du design qui doit se mettre en place cette année.

« Cette idée saugrenue, qui fait l’unanimité contre elle au sein des services de la Ville, ne donne pas non plus un coup d’envoi très sérieux à cette nouvelle structure de promotion de nos designers bruxellois » regrette Marion Lemesre


[1] Une majorité qui joue de plus en plus du klaxon.

Budget 2011 de la Ville de Bruxelles : Boni ou boniment ?

Intervention de Marion Lemesre, Députée-Chef de groupe MR dans le débat sur le budget 2011 au Conseil communal de la Ville de Bruxelles- Lundi 24 janvier 2011.

Monsieur le Bourgmestre, chers collègues,

La présentation du budget, pour le pouvoir en place, est toujours l’occasion rêvée de vanter la marchandise et d’aménager ses étalages de la façon la plus alléchante possible … A cet égard, et afin que le chaland avisé ne retourne pas les pommes rouges pour y déceler les petits vers, la stratégie de la présentation  à la presse , 15 jours avant le débat en conseil communal est du grand art … en revanche, placer celui-ci en une séance déjà chargée avec d’autres dossiers importants comme celui de l’enseignement (passage du Type 2 au type 1) procède de ce manque de respect du Conseil communal affiché, de séance en séance et de façon de plus en plus évidente, par le Collège. Permettez-moi, au nom de mon groupe, et je pense de l’ensemble de l’opposition démocratique, de le regretter-

Avec ses 657.710.247,68 d’euros en recettes et ses 657.087.245,08 euros de dépenses, la majorité affiche un boni à l’exercice de 623.002,60 euros : alors boni ou boniment ? La meilleure façon de le savoir reste sa comparaison avec le dernier compte, le compte 2009. La bonne vieille technique qui consiste à sousévaluer  ses dépenses et surévaluer ses recettes a-t-elle encore frappée ? 

En ce qui concerne les recettes (au total gonflées de 30 millions d’euros (hors transfert enseignement) entre le compte 2009 et le budget 2011), la réponse est oui .  En effet ,par exemple, au chapitre des ressources propres de la ville , les   recettes de prestation (provenant des biens communaux et des services rendus à la population) font un bond de 5 millions d’euros entre le compte 2009 et le budget 2011 (passant de plus ou moins 41 millions à 46 millions) :  le holdup des automobilistes avec la flambée du taux horaires des horodateurs n’explique pas tout ((500.000 euros de plus portant la recette estimée à 15 millions d’euros) !

La rage taxatoire. Si il est vrai que le Collège n’a pas augmenté les additionnels à l’IPP et au Précompte immobilier, il n’en va pas de même de toutes ces taxes multiples et variées qui grèvent l’activité économique de notre ville et ponctionnent  l’activité des citoyens créatifs et enthousiastes ! Je pense, en effet, que la boulimie budgétaire du Collège est en train de provoquer le syndrôme du mille-feuille taxatoire où on ajoute des couches de taxes toujours sur le dos des mêmes contribuables, ceux-là même qui produisent de la richesse et de l’emploi, sans prendre  le temps d’analyser le bien-fondé d’une taxe, en terme de coût de perception et de rentabilité par exemple, ou en terme d’effets négatifs ou décourageants. J’espère qu’un jour , à la Ville de Bruxelles, nous pourrons mettre ce travail de refonte de l’ensemble des taxes communales en chantier et osez remettre en question cette façon inique  de ponctionner l’habitant qui rénove sa maison, le commerçant qui prévoit des emplacements de parking pour ses clients ou qui illumine la rue en éclairant son enseigne , tant il est vrai que le signal donné par une politique  taxatoire juste et équilibrée peut générer un retour d’habitants à capacité contributive ainsi qu’un regain  de l’activité économique génératrice d’emplois.

Il est regrettable que dans les choix politiques de la majorité, il s’est creusé un tel déséquilibre entre la nécessité de l’assistance sociale et les politiques de développement, au point que le boum démographique prend des allures de catastrophe sociale au lieu de signifier un atout de progrès. (preuve: le produit de l’IPP descend alors que le nombre d’habitants monte!)

Une autre source de recettes  qui connaît un développement  croissant , ce sont les recettes de fonds (dotations régionale et fédérale) et surtout les subsides et subventions destinées à des missions multiples et variées ; En soi, vous me direz, où est le problème ? Que la Ville soit financée et reconnue par les pouvoirs supérieurs dans ses missions de Capitale, ce n’est pas le groupe MR qui va s’en plaindre mais que progressivement, l’immobilisme du gouvernement bruxellois transforme  la Ville en opérateur des politiques régionales a quelque chose d’inquiétant pour  la santé financière et institutionnelle de notre région. Une inquiétude d’autant plus justifiée que la plupart de ses missions subventionnées s’organisent au sein d’asbl parrallèles  à l’administration de la Ville, genre de méga-structures échappant au contrôle démocratique du conseil communal ainsi qu’au contrôle administratif.  L’inflation de personnels que ces structures  génèrent fait  également courir le risque à la Ville de se retrouver  avec une multitude de contrats à honorer s’il venait, un jour,  aux autorités subsidiantes, la nécessité de fermer les robinets pour cause d’austérité. Dans ce régistre, deux asbl cartonnent ! Le BITC/BGE et BRAVVO. Tentaculaires et omniscientes, ces asbl se retrouvent à toutes les pages de la « liste des transferts » ! Il ya Bravvo-sécurité-prévention, Bravvo-maisons des enfants, Bravvo-sommets européens, Bravvo-propreté, Bravvo-contrat de quartier, Bravvo-éducateurs de rue et plus récemment Bravvo-commerces (et la liste va encore s’allonger avec les projets intercommunaux pilotés par la ville puisqu’il y aura Bravvo-prostitution ou encore Bravvo-mobilité… au total pour une douzaine de millions d’euros de transfert ! C’est dangereux, c’est malsain et ce n’est  ni au profit des conditions de travail du personnel recruté, ni au profit de la qualité des services rendus à la population.

Pour le BITC/BGE,  je suis tout à fait d’accord (et n’y suis d’ailleurs pas étrangère) que tant que la compétence de tourisme ne sera pas régionalisée, cette structure devra remplir son rôle d’opérateur des politiques régionales et communales. Toutefois, je perçois la même dérive qui consiste à en faire progressivement un opérateur fourre-tout, chargé aussi bien de la fête de la Saint-Nicolas des fonctionnaires que de celle de l’Iris et des « Grands évènements ». Outre l’absence de contrôle démocratique et administratif, le BITC se caractérise aussi par l’opacité des transferts budgétaires  entre la cellule mère qu’est le BITC et sa filiale sans structure juridique distincte qu’est le BGE.

En tous les cas, à la lecture des dépenses de transfert, son Président-Echevin peut chanter « ma petite entreprise ne connaît pas la crise » ! En effet, outre la dotation générale d’un bon deuxmillions6, plusieurs articles alimentent les « grands évènements » que sont les « Plaisirs d’hivers » et « Bruxelles les bains » ; sans contester le succès de ceux-ci, le contribuable bruxellois doit quand même aussi savoir qu’il lui en coûte au minimum 305.000 euros pour ses plaisirs en hivers et  630.000 pour ses jeux de plage.  Pour ma part,de telles dépenses me font   mal au cœur au regard de la stagnation des subventions versées aux vrais lieux de culture, porteurs de projets d’éducation et d’émancipation comme le « Théâtre des jeunes de la Montagne magique (320.000), comme « La Bellone » (109.000), « Les Brigittines » (500.000) ou encore « Les Riches Claires »(229.000).

Ce qui m’amène  à ce constat politique – que ce budget 2011 révèle de façon  flagrante- c’est ce que j’appellerais de «la distorsion de compétence » entre échevins .

Prenez l’Echevin du commerce, qui dans le cadre de son petit budget (431.000 euros pour toute l’année) subsidie les associations de commerçants dans leurs initiatives de fin d’année (de 1.000 à10.000 euros) et vous comparez la mise en lumière des artères commerçantes et des quartiers (les comités d’habitants et commerçants de Neder-Over-Heembeek s’en sont plaint de bon droit) en fonction que vous êtes sur le parcours de « plaisirs d’hivers » et  des subventions « tourisme » ou que vous relevez de la politique de soutien aux commerces. Ce que j’ai appelé « la distorsion de compétences  entre échevins » provoque bien des inégalités entre citoyens, ici entre commerçants ! L’absence de projets et de politique commune au Collège est ici particulièrement patent. Plus grave encore, ce déséquilibre entre familles politiques au sein de la majorité peut aussi donner lieu à des cadeaux budgétaires tout aussi injustifiables. Ainsi, l’Echevine de la famille va bientôt pouvoir chanter « auprès de mon arbre, je vivais heureux » puisqu’elle vient de pouvoir s’acheter pour 800.000 euros de bâtiments à la rue du midi et reçois ici 240.500 euros pour y loger son nouveau projet nommé ARBRE comme« accueil et rencontre bruxellois autour de l’enfance ». Deux critiques : le Collège a-t-il bien analysé le bien-fondé de ce projet venant en doublon avec d’autres missions déjà assumées par les services de la ville et du cpas et aussi, pourquoi n’est-ce pas la régie immobilière de la ville qui se charge de l’acquisition et de la gestion de tout le patrimoine de la ville.

Au chapitre des dépenses sousévaluées, permettez-moi d’attirer votre attention et de vous demander une explication sur la disparition des presque 11 millions inscrites au compte 2009 en « non valeurs sur exercices antérieurs (180.000 au budget 2011).

Cette absence de coordination budgétaire, le comportement de « belle entretenue dépensant effrontément l’argent des autres » , la rage taxatoire  de toute activité  et la sousévaluation  évidente de certaines dépenses justifient donc le vote négatif du groupe MR pour le budget 2011.

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