Evolution démographique à Bruxelles : intervention de Marion Lemesre

Intervention de Marion Lemesre dans le cadre de l’interpellation sur l’évolution démographique à Bruxelles

Le groupe Ecolo, sur base des prédictions du bureau du Plan annonçant une augmentation de 170.000 personnes à Bruxelles à l’horizon 2020, essaie de lancer, lors de l’avant-dernière séance du Parlement, un vaste débat sur des politiques à mettre en place pour y répondre notamment la nécessité de construire encore de nouveaux logements sociaux et d’équipement. Et cela, la bouche en cœur, sans se poser la question des politiques qui auraient dû être menées pendant cette législature et surtout des démarches qui auraient dû être entreprises, vis-à-vis des autorités fédérales, afin d’apporter une réponse à la problématique de l’immigration par une politique cohérente, équilibrée et juste, et ce dans l’intérêt de tous quelles que soient leurs origines.

En matière d’immigration, le débat a été trop longtemps accaparé par deux idéologies extrêmes : celle de l’immigration zéro et celle de l’ouverture sans limite des frontières.

 L’une développe des chimères et l’autre a favorisé l’exclusion, la ghettoïsation, l’insécurité, la révolte et la violence.  Le MR entend faire preuve d’humanité en maintenant une vraie tradition d’asile tout en luttant effectivement contre l’immigration illégale en faisant respecter les lois qui régissent les conditions des étrangers.

L’immigration en Belgique a varié selon les époques et les régions, mais aussi en fonction des besoins de notre économie.

La fermeture de l’immigration du travail  en 1974 a eu un impact catastrophique car les flux se sont poursuivis au même rythme mais quasi-exclusivement dans le cadre du regroupement familial, de l’asile, de l’immigration clandestine et des régularisations.

Aujourd’hui encore, l’immigration du travail représente seulement moins de 10% des flux. Ce qui domine, c’est l’immigration de personnes sans qualification, sans emploi, donc sans revenu de travail. Ce décalage entre les flux migratoires et les capacités d’accueil de notre pays a conduit à des situations dramatiques marquées par la ghettoïsation, l’exclusion et le chômage massif des étrangers.

Face aux carences et renoncements des autorités publiques, enfermées par la force d’idéologies ou de tabous qui dominent la question, une partie de l’opinion publique est inquiète car elle perçoit malheureusement l’immigration comme un problème épineux, voire une menace pour leur emploi, leur sécurité, leur mode de vie et les valeurs auxquelles ils sont attachés.

Il convient d’atténuer ce sentiment et la crispation qui l’accompagne en mettant en avant les actions positives à l’égard des populations étrangères. En effet,  la force d’une société se mesure, entre autres, par sa capacité à accueillir la différence et à s’enrichir de celle-ci.

 

Le MR considère que réussir l’intégration ne se résume pas à flatter les différences, mais bien à construire un projet de société fondé sur un corpus de valeurs communes.

Pour conserver une véritable mixité sociale et une vraie multiculturalité, quelles ont été les politiques menées par le Gouvernement pour enrailler le départ des classes moyennes qui est au contraire amplifié dans certains quartiers résidentiels par les projets du gouvernement d’implantation massives de logements sociaux comme à Neder-Over-Heembeek ?

Force est de constater que les politiques publiques d’immigration et d’intégration, en Belgique, sont éclatées entre les différents niveaux de pouvoir.

 

Il conviendrait, tant dans l’intérêt de la société d’accueil que dans celui des nouveaux arrivants, que les règles qui régissent le regroupement familial tiennent compte, comme c’est déjà le cas dans une certaine mesure actuellement, des conditions de revenu, de logement et du degré de parenté.

Le droit au mariage est un droit fondamental qu’il convient de respecter. En ce sens, les autorités judiciaires doivent pouvoir bénéficier des moyens nécessaires pour lutter contre « les mariages blancs ».

Afin de répondre aux besoins du marché du travail et des entreprises (les fonctions critiques)-outre d’y adapter les formations- le MR souhaite assouplir les conditions de l’immigration dont notre économie a besoin, sans porter atteinte aux intérêts des pays d’origine. A cet égard, dans le cadre de ses accords de coopération, la Région bruxelloise pourrait y intégrer des éléments de co-développement et d’immigration concertée.

Il est important de poursuivre et d’amplifier l’aide à la coopération au développement telle que menée par le MR au fédéral et à l’Europe, afin de permettre à toutes les populations de notre planète de connaître un développement harmonieux dans leur pays d’origine.

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