Manifestation du 12 mars 2011: une caricature mensongère et dangereuse !

 

Question de Frédérique Ries, conseillère communale à la Ville de Bruxelles

Monsieur le Bourgmestre,

Vous avez très certainement pu voir les images de la manifestation organisée le samedi 12 mars dernier en plein milieu de la rue Neuve. Des images qui tournent en boucle sur Facebook et Youtube. Une saynète qui n’est rien d’autre qu’une caricature mensongère et grotesque des contrôles d’identité auxquels sont soumis les Palestiniens aux check-points israéliens.

La mise en scène, diffusée par les organisateurs eux-mêmes  (http://www.youtube.com/watch?v=b9JphTB2V_Y) est édifiante, choquante, violente et n’hésite pas à utiliser de jeunes enfants. Des femmes et des enfants battus, insultés, humiliés, et même faussement tués, avec du faux sang…

Monsieur le Bourgmestre, inutile de vous dire que j’ai beaucoup de difficultés à comprendre la plus value d’une telle mise en scène dont la seule conséquence est en réalité d’importer chez nous le conflit du Proche-Orient.

L’objectif poursuivi ne relève en rien de la sensibilisation ou de l’information.

De tels clichés ne véhiculent pas les valeurs de respect, de tolérance et de paix. Ils jettent tout simplement l’opprobre non sur un gouvernement, mais tout un peuple présenté comme un véritable exterminateur.

La critique est permise, c’est une évidence. En Belgique et en Israël. Manifester, débattre, écrire, convaincre. Mais la liberté d’expression à laquelle je suis viscéralement attachée à une limite, une limite morale et légale, et elle est ici largement franchie.

Il s’agit d’incitation à la haine et à la violence. Ni plus, ni moins.

Les organisateurs assument d’ailleurs, en « assassinant » les soldats israéliens avant de les recouvrir de la signature de leur méfait, le drapeau de leur organisation « pacifiste ».

Sans parler du trouble à l’ordre public avec prise en otage des passants complètement sidérés par la violence du spectacle.

Monsieur le Bourgmestre, je suis convaincue que vous ne cautionnez pas ce type de procédé et me demande si la Ville a été informée de cette manifestation, et surtout de la manière dont les organisateurs allaient la mettre en scène.

  • La Ville de Bruxelles a-t-elle autorisé cette manifestation ? Le cas échéant, la Ville de Bruxelles avait-elle eu connaissance de tous les éléments de cette manifestation avant de l’autoriser ? Ce type de « reconstitution » caricaturale étant loin d’être une première.
  • Pourquoi ne l’avoir pas interrompue au vu de la tournure des événements ? Car ne jugez-vous pas que cette manifestation porte lourdement atteinte à l’ordre public en ce qu’elle incite délibérément à la haine et à la violence contre une communauté ?
  • Quelles mesures envisagez-vous le cas échéant pour que ce type d’événement ne soit plus orchestré sur le territoire de la Ville de Bruxelles ?

Frédérique Ries
Députée européenne
Conseillère communale de la Ville de Bruxelles
Parlement européen
ASP 9 G 163
Rue Wiertz
1047 Bruxelles
Tel: 02/284.55.49

Manifestations sur le territoire de la Ville de Bruxelles – Marion LEMESRE, Députée – Chef de Groupe MR, a interpellé le Bourgmestre

A-t-on le droit de tout dire et de tout faire dans les manifestations autorisées sur le territoire de la Ville de Bruxelles ?  

Le dimanche 11 janvier 2009, une importante manifestation propalestinienne a été le cadre d’incidents graves et intolérables tant en termes de vandalisme que d’infractions manifestes à la loi antinégationniste et à la loi antiraciste.  En outre, plus de 400 mètres de vitrines ont été détruites ou abîmées le long du boulevard Albert II, du World Trade Center jusqu’au ministère de la Communauté flamande.

Les nombreuses photos publiées dans les médias (et notamment sur le site ResistanceS.be de l’Observatoire belge de l’extrême droite) sont là pour en témoigner.  Tout au long du cortège des appels au djihad et des cris tels que « mort aux juifs » ont été scandés tandis que de nombreux panneaux assimilaient l’étoile de David et la croix gammée et que des drapeaux de l’Etat d’Israël étaient brûlés. 

Il ressort d’une question parlementaire posée par le sénateur Destexhe au Ministre de l’Intérieur (réponse faite par le Ministre De Gucht en séance plénière du 15 janvier) que les forces de l’ordre ont procédé à 143 arrestations parmi lesquelles se trouvaient 96 habitants de la Région de Bruxelles-Capitale, 9 ressortissants étrangers et 39 mineurs d’âge.  Toutes les personnes ayant fait l’objet d’une arrestation administrative ont été libérées dans les douze heures. Trois des quatre personnes ayant fait l’objet d’une arrestation judiciaire ont été mises à la disposition du parquet. Aucun mandat d’arrêt n’a été délivré. 

En regard de la gravité des faits pénalement répréhensibles constatés, tombant sous le coup des lois antinégationiste et antiraciste, comment expliquez-vous, Monsieur le Bourgmestre, un nombre aussi dérisoire d’arrestations judiciaires et seulement 3 mises à disposition du Parquet ? 

Il semblerait que les consignes données aux Forces de l’Ordre étaient de ne pas intervenir sauf incidents graves. Apparemment, les appels à la guerre sainte, à la destruction de la démocratie, les pancartes nazifiant les juifs et les divers slogans haineux n’ont pas été considérés tout au long du cortège comme des faits graves. 

En conséquence, Monsieur le Bourgmestre,

je souhaiterais que nous puissions requalifier de «faits graves» impliquant arrestation immédiate, celui d’inciter à la haine raciale, à l’antisémitisme et à la destruction de la démocratie ou d’un Etat démocratique en brûlant son drapeau. 

Il me semble, en effet,  important et urgent vu l’ampleur du phénomène – dont la manifestation du 31 décembre 2008, profanant la sépulture de la Place des Martyrs avait donné un avant-goût – de replacer des balises sérieuses  quant à ce qu’il est permis de dire et de faire dans une manifestation autorisée sur le territoire de la Ville de Bruxelles. 

Toujours d’après le Ministre de l’Intérieur, les images prises par les caméras de la police sont en train d’être visionnées afin que l’on puisse identifier les auteurs et entamer des poursuites.  Les dégâts seront imputés aux casseurs a conclu le Ministre au nom du gouvernement fédéral. 

Deux types de poursuite sont donc à entamer, celles tombant sous le coup des lois antinégationiste et antiraciste et d’autres visant à indemniser les commerçants ayant subi des préjudices par le bris de leur vitrine. 

Outre la plainte annoncée (introduite ?) par le Centre pour l’Egalité des Chances, ne pensez-vous pas, Monsieur le Bourgmestre, que l’autorité publique qui a délivré le permis de manifester  devrait aussi – afin de donner un signal clair – se constituer partie civile contre des actes aussi graves commis sur son territoire ? 

Cela pourrait, je pense, être une réponse ferme de condamnation de tels comportements car je ne vous cache pas que le sentiment d’impunité qui prévaut aujourd’hui est désastreux et présage une amplification du phénomène. 

Concernant l’indemnisation des particuliers et des commerçants, pourriez-vous me dire, Monsieur le Bourgmestre, où en est la procédure en termes d’identification des coupables et les poursuites qui permettront leur condamnation à rembourser les dégâts causés ? 

Marion LEMESRE

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